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2017-01-07T13:37:56+01:00

Poussez Madame!! (et plutôt deux fois qu'une!)

Publié par Maman de la Bouille

Aller, il est temps....temps que je te raconte la naissance des Twins!

Prépare toi un pti café, ça risque d'être un peu long!

 

Sur la page Facebook, je t'avais déjà annoncé qu'on avait prévu un déclenchement avec mon gynéco, en laissant le suspens sur la date. Seules quelques personnes très proches étaient au courant, on voulait garder un peu de mystère, garder de l'intimité pour ce jour si spécial!

Nous avons donc choisi le 28 décembre, date à laquelle mon gynéco-de-la-mort-qui-tue était de garde. C'était donc lui qui allait m'accompagner pour mettre les Twins au monde. Le seul en qui j'ai une entière confiance. Et grand bien m'en a pris!!

 

Donc je suis rentrée à la clinique le mardi 27 décembre au soir, histoire d'être sur place le plus tôt possible le lendemain matin. Monito, dernière prise de sang (que j'avais oublié de faire), et hop, en chambre pour la nuit, ma dernière nuit de femme enceinte. Autant te dire que j'ai très peu dormi, tant j'étais stressée!

 

Le lendemain, l'Homme arrive vers 7h30, et vers 8h30, on me descend en salle de naissance.

Mon gynéco et la sage femme arrivent, et la première étape consiste à rompre la poche des eaux de TwinGirl (qui est en tête de la course). On ne peut pas me déclencher avec des hormones, ça n'aurait servi à rien sur un utérus aussi distendu, mais j'aime autant! Avec un déclenchement par rupture, ça fait comme un début de travail naturel.

Mon col est ouvert à 1, la sage femme me propose la péridurale, que je refuse. Je veux pouvoir vivre un début de travail " normal". Je veux pouvoir ressentir les premières vraies contractions, chose que je n'ai pas pu faire avec le déclenchement aux hormones que j'ai eu pour la Bouille, où l'intensité des contractions avait directement frôlé la stratosphère.

 

Donc, je disais, mon gynéco et la sage femme sont là. Il est 8h30. Je suis sous monito (encore). TwinBoy a un monito normal, avec la sonde posée sur le ventre, mais TwinGirl qui faisait des siennes a eu droit à une sonde posée directement sur sa tête. Ca, j'avoue, je ne connaissais pas, mais c'est bien pratique pour monitorer des jumeaux!

"Aller, on y va, si vous êtes prête" que me dit ce bon vieux Docteur B.

Je suis prête. Je n'attends que ça depuis des semaines! Sauf que percer la poche des eaux avec un col ouvert à 1, sans péridurale, ça fait mal! Putain, ça fait même très mal! La sage femme me met sous protoxyde d'azote pour m'aider un peu, mais mon gynéco n'y arrive pas, il lui passe donc le relais. Elle a plus de succès, et réussi à rompre la première membrane. Oui, j'ai appris à cette occasion que la poche des eaux possède 2 membranes, tu le savais toi? Elle galère, parce que TwinGirl est encore haut, et n'appuie pas sur le col, elle a donc du mal a l'atteindre. Au bout de ce qui me semble être un temps interminable, au cours duquel je sers les dents à m'en faire mal, elle y arrive enfin, et je sens le fameux liquide s'écouler. Une découverte pour moi, puisque pour la Bouille, j'étais déjà sous péri quand ils m'ont rompu la poche.

Elle m'annonce au passage qu'avec ces manipulations, mon col s'est ouvert à 3! "Youhou, ça va aller vite!!" que je me dis.....

Les premières contractions arrivent très vite, je gère avec la respiration. Mais elles montent vite en intensité, les coquines! Je tiens environ une heure avant de demander la péridurale. Je veux ressentir le travail, certes, mais je veux surtout qu'il me reste assez de force pour pouvoir pousser 2 bébés dehors!! Il est pas loin de 10h.

L'anesthésiste met le temps à arriver, mais il arrive.....un peu avant 11h. Et c'est un connard de première! Pas aimable, pas encourageant, pas délicat. Je me fais même engueuler parce que je bouge au moment où une douleur fulgurante me traverse la jambe gauche, parce qu'il a touché un nerf....Mais bon, ça y est, c'est fait, je décide de dormir un peu.

Vers midi, nouveau contrôle du col : ouvert à 5. Ca avance. Doucement, mais ça avance. La sage femme m'explique que TwinGirl n'appuie toujours pas sur le col, donc ça avance comme ça peut....

Je commence à m'ennuyer sévère et surtout, j'ai faim et soif! Je n'ai rien mangé depuis la veille au soir et même si j'avais droit à un petit déjeuner le matin même, j'ai été "oubliée". Bref, la sage femme me dit qu'elle ne voit pas d'inconvénient à ce que je boive, tant que c'est par petite quantité, et je le bénis quand elle m'apporte un verre d'eau! Avoue que c'est le saint Graal en salle d'accouchement! Attends, je vais te vendre du rêve : j'ai même eu le droit de manger! Une petite compote, certes, mais ça m'a fait un bien fou!

Vers 13h30, re-contrôle ; ouvert à 6, tout juste. Je m'assois pour aider TwinGirl à descendre. Entre temps, la sonde posée sur sa tête s'est détachée, il a fallut la remettre, mais avec péri et dilatation à 6, je n'ai rien senti. La position assise fait son effet, et vers 14h, ça y est, TwinGirl se décide à descendre un peu et col ouvert à 8!

Ca ne dure pas, puisqu'au nouveau contrôle un peu avant 16h, elle est remontée. Là, je désespère. Pourquoi elle ne veut pas descendre, bordel?!! Je me vois finir en césarienne, chose confirmée par mon gynéco, si TwinGirl n'y met pas un peu du sien.

Je suis restée bloquée à 8 pendant 3 heures.Trois longues heures où je voyais la césa se rapprocher à grand pas. C'est la position sur le coté, pied droit dans l'étrier qui a débloqué la situation. Le problème de TwinGirl, c'est que TwinBoy la gênait dans sa descente, elle ne pouvait pas se mettre dans l'axe. Pas encore sortis, et déjà en train de se chamailler les deux!

 

Une fois sur le coté, et TwinGirl ayant la place, je sens que tout s'accélère! Il est 18h50, mon col est à 9, et je sens bien les contractions, malgré la péridurale. Je pousse légèrement à chaque fois pour aider ma fille à se frayer son chemin.

A partir de là, ma notion du temps se brouille. Mon col est à dilatation complète. Je veux accoucher sur le coté, mais ma sage femme me fait mettre sur le dos, au cas où les choses se compliquent. Et là, c'est parti! Poussez Madame!! Je prend ma respiration, j'agrippe ce que je peu, je bloque, je pousse de toutes mes forces. Je ne sais pas combien de fois, ni combien de temps, mais au bout d'un moment,la sage femme me dit d'arrêter, demande à l'auxiliaire d'appeler mon docteur B, il y a un soucis. TwinGirl est en position Bregma, ce qui veut dire que sa tête est mal fléchie. Elle ne peut pas passer sans aide. Dr B. arrive, jette un oeil et décide d'y aller avec les cuillers.Là, je sens la panique monter, et l'épisio grande comme le rift pacifique arriver. Mais non, il me rassure en me disant que l'épisio est très rare avec les cuillers.

La peri n'est plus aussi efficace, et la tête de TwinGirl, plus les cuillers, ça fait mal! Mais ça ne suffit pas.Il doit y aller à la main pour la faire bouger. Je morfle comme jamais j'ai morflé de toute ma vie. Je pousse en même temps que Dr B. tire et tourne TwinGirl. J'ai peur. Je sens que ça va craquer, là en bas. Ou que TwinGirl va rester coincée par ma faute et que je me retrouverais au bloc césa. L'équipe d'accouchement s'est agrandie et l'Homme est là en renfort, mais c'est dur. Putain de dur. Mes forces me lâchent, mon moral me lâche, mais l'équipe et l'Homme, eux, ne me lâchent pas.

Encore une fois, je ne sais pas combien de temps ça a duré. Mais j'ai réussi. A 19h52, Dr B.  pose ma fille sur moi. Elle est couverte de sang et de vernix, mais elle est magnifique. Et ce n'est pas son sang, c'est le mien. Quelques secondes après, on me l'enlève, et elle part en pédiatrie avec l'Homme.

Pas le temps de souffler, malgré ma demande, il faut faire sortir TwinBoy au plus vite. Dr B.va percer la deuxième poche des eaux, et là, j'entends "Ah, il est en siège". Avant qu'on ne m'explique quoi que ce soit, je m'effondre en larmes ; cette fois, c'est sur, c'est la césa....

Et ben non, pas encore. Pas tant que Dr B. n'aura pas tout essayé. Donc la poche des eaux de TwinBoy est percée, mais mon utérus a déjà beaucoup moins la force de contracter. Il faut donc aller le chercher. A la main. Dr B. veut d'abord essayer de le tourner, qu'il puisse naitre en position céphalique. Mais je te rappelle que la péri ne fait plus effet, et je hurle ma race de douleur. L'Homme est encore en pédiatrie avec TwinGirl, je lui crie dessus de revenir, je ne pourrais rien faire de plus sans lui.

Laisse tomber le retournement, TwinBoy naitra en siège. Sauf qu'il ne suffit pas de le tirer par les pieds, il faut aussi que sa tête soit dans la bonne position pour passer le bassin sans se coincer. Donc manip, et re-manip, pendant que je suis sommée de pousser encore. Je n'en peux plus. Je gueule tout ce que je peux, je perds pied. Je ne sais plus qui je suis, où je suis. Je ne suis que souffrance. J'ai l'impression que je vais mourir. Je suis à 2 doigts de demander une césarienne, rien que pour que la douleur stoppe. Je hurle que je ne peux plus, que je ne veux plus, que j'ai trop mal, que je n'y arriverai pas. Dans un flash de lucidité, je me concentre sur la voix de l'Homme. Je donne tout ce qu'il me reste. Une force sortie de nulle part, dont je ne me serais jamais crue capable. En hurlant.

A 20h01, on me présente TwinBoy. J'ai à peine le temps de lui faire un bisou que déjà ils l'emmènent.....il est sonné.

 

Tout de suite après, on m'a posé une perf pour la délivrance. Cette fois mon utérus avait donné tout ce qu'il pouvait et....il ne pouvait plus. Je te passe les détails du Dr B. qui est allé chercher les placentas. Toujours à la main. Toujours sans péri.

J'ai eu droit à 2 petits points, l'un pour un vaisseau qui avait lâché, l'autre pour une micro déchirure. Pour le coup je n'ai rien senti.

J'ai réclamé qu'on me rende mes bébés, je DEVAIS les voir. Ils sont arrivés en couveuse. On m'a expliqué que TwinBoy aurait à subir des prises de sang pendant 24h pour vérifier son taux de sucre, et qu'on avait mis TwinGirl avec lui pour l'aider à se réchauffer.

On est resté 3h en surveillance. trois heures pendant lesquelles je n'ai pas arrêter de trembler. Et d'avoir mal à cause de la perf qui me faisait contracter à mort.

 

J'ai laissé les Twins à la nursery cette nuit là.

Ce n'est que le lendemain matin que j'ai arrêté de souffrir, et que j'ai enfin pu découvrir mes enfants.

Et ils sont parfaits.

 

J'ai beau avoir souffert le martyre, jamais je ne remercierai assez mon Dr B; et toute l'équipe, d'avoir fait tout ce qu'ils pouvaient pour me permettre d'accoucher par voie basse, d'avoir eu confiance en ma capacité à endurer l'épreuve qu'a été cet accouchement. Je remercie même l'anesthésiste, occupé sur la césa de l'accouchement d'à côté, et qui n'a pas pu venir rajouter une dose.

J'ai eu mal, comme jamais j'aurais pensé que c'était possible.

Mais au final, j'ai eu ce que je voulais tant : un accouchement sans péridurale.

 

Et deux merveilleux enfants en parfaite santé.

 

 

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commentaires

Mon Joli Coeur 07/01/2017 21:05

Tu as l'air d'avoir beaucoup souffert ma pauvre... :-/
Mais l'essentiel c'est que les bébés et toi allez bien maintenant :-)
Tu as été très courageuse, tu peux être fière de toi !

Mon Joli Coeur 08/01/2017 10:02

Tant mieux si tu te remets plus vite, au moins cela rend cette expérience meilleure :-)

Je n'ai pas pu avoir la péri pour ma deuxième (elle est arrivée trop vite ^^) et c'est vrai qu'une fois sortie on "oublie" la douleur. Je n'y croyais pas trop et pourtant c'est vrai !

Allez, prend soin de toi et de tes bébés :-)

maman de la Bouille 07/01/2017 23:40

Merci pour ton com!

Oui, j'ai eu mal, mais je sens la différence maintenant : je me remet plus vite que pour la Bouille, et la chute d'hormones est toute légère!
J'avais déjà entendu et lu que souvent on se remet plus facilement d'un accouchement sans péri. Je n'y croyais pas trop, je me disais que la douleur ressentie devait te foutre par terre pendant des semaines! Et ben pas du tout en fait!!
Mais je ferais surement un article sur le sujet ;-)

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