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2017-02-12T14:10:59+01:00

Merci. #LaBouilleLaisseLaParole

Publié par Une Bouille Et Des Twins

A toi, la première personne qui me donne la parole !

A toi, aux autres mamans à qui mon histoire peut leur faire quelque chose : me détester sûrement après ce que je m’apprête à écrire…

Vous avez fait appel au 3615 code VDM, bonjour, veuillez vous décrire !

Ok, what else ? Par quoi commencer ?

Le début.

OK, alors c’est parti mon quiqui, je vais essayer de résumer un peu.

J’ai 35 ans, bientôt 36. Je suis la 3éme fille de parents, celle qu’ils ont failli perdre à la naissance, qui en ont chié toute leur vie pour nous donner ce qu’ils n’ont pas eu étant jeunes. Pas bien compliqué, ils n’avaient rien. Juste une éducation, et une putain d’éducation, où même quand t’as raison, t’as quand même tort !

Dès la maternelle, fallait que je ferme ma gueule (désolée je vais parler franco, car il faut toujours se contrôler). Tous mes camarades (sauf une) me tabassaient, me prenaient pour un cahier en écrivant sur mon pull, me cassaient mes lunettes, se foutaient de ma gueule à cause de mon nom, prénom, des lunettes, de ma taille en cm, tant à l’horizontal qu’à la verticale.

Je n’avais le droit que de me taire, car ma mère me disait toujours : on ne tape pas plus petit que soi !

A l’heure qu’il est, j’aurais bien voulu qu’elle arrête ce matraquage psychotique et me dise « défends-toi avec tes propres armes », je serais moins craintive. Elle savait que ca ne se passait pas toujours bien, mais pas à ce point là. Je ne disais rien par peur que ca me retombe dessus.

De ce fait, je n’ai jamais rien dit… jusqu’en 2éme seconde (oui j’ai redoublé ma seconde), j’ai maigri à cause/grâce à un psy qui m’a dit « si t’as mal aux ovaires, c’est que t’es trop grosse »… wesh wesh

Ok, régime fait, perte de 30 kg en 2 mois, nouvelle vie, moins renfermée, plus ouverte même pour une connerie. Bref, je me cherchais tout en réussissant relativement bien mes études. Mais le climat, non pas astral, mais parental, était à chier. Aucune discussion possible, « tais-toi et mange », « toi tu ne sais pas »… bref, tu vois la fille au fond de la salle derrière un tas de personnes, qui agite un panneau pour te montrer qu’elle est présente quand t’es sur la scène ??? Ben c’est moi…

Alors jusqu’ici rien de bien méchant, il y en a des tonnes, des pires, donc je ne dois pas me plaindre, je dois continuer d’avancer, coûte que coûte. Tu la vois la fille qui prend des médicaments à 14 ans, qui a juste vomi alors qu’elle voulait tomber ailleurs, mais pas la tête la 1ére dans les chiottes ? Tu vois la fille qui essaye de parler à ses parents des problèmes d’intégration qu’elle rencontre ? Des problèmes de génération qui font qu’on ne peut pas s’entendre ? Des différences de connaissances parce qu’ils n’ont pas eu cette possibilité d’aller à l’école, et qu’ils ont tout fait pour que tu y ailles, et maintenant tu en sais plus qu’eux parce que tu as appris dans les livres que non, tel ou tel politicien n’est pas fabuleux, que telle usine va certainement fermer, parce que selon la théorie de l’économiste bidule ça fera ça, que dans tel bouquin le roi de France machin s’est tapé la pute machine ???? Que t’en conclus que le savoir est une arme, mais qu’elle ne devrait pas l’être contre ceux qui t’ont mis au monde ! Contre ceux qui t’ont tant désiré ! Contre ceux qui ont bien cru devoir recommencer parce que tu tardais à naître et que mon cœur a trop faibli à un moment donné ???

Depuis, j’ai discuté avec eux sur certains sujets. Soit mes questions ont provoqué un tollé général, soit ils m’ont répondu que c’était comme ca, na !

Donc je n’ai pas le droit de me plaindre car j’ai reçu une éducation qui fait ce que je suis, avec ses mal-être, ses tics, son stress…

Autre chose, je me suis mariée avec le pire… pas le droit de dire que j’ai fait une erreur, car je dois l’assumer cette erreur, d’autant plus que j’ai eu une fille avec.

D’ailleurs, j’ai mis 2 ans à la faire, ma fille. Parce que je voulais créer une famille, lui voulait juste faire comme tout le monde sans savoir réellement tout ce qu’un enfant impliquait. Non je ne savais pas tout non plus, je n’en ai pas la prétention, mais je voulais être maman, avoir mon être à chérir, avoir un bout de moi… maintenant je la paye cette envie !!! Et toujours pas le droit de me plaindre… comparé à toutes ces femmes qui n’ont que ce désir !

J’ai vécu les deux situations : celle où on te dit que tu ne pourras pas avoir d’enfants naturellement car ton système est trop merdique, malgré l’année passée à suivre un traitement, celle où ta  grande sœur (qui n’a mis que 2 mois, et dont je soupçonne une pointe de jalousie parce que je faisais quelque chose avant elle) t’apprend qu’elle est enceinte et que je dois me réjouir parce que je suis la plus jeune et qu’elle est plus grande que moi. Mais what the fuck avec cette hiérarchie à la con !!

Alors, tu ne dois encore pas l’ouvrir parce que … parce que… parce que c’est comme ca !!

Parce que deux mois après, tu apprends qu’elle attendait des jumeaux, qu’il y en a un qui s’est momifié à l’intérieur de son ventre et toi t’es tombée enceinte au même moment naturellement avec un cycle de 15000 ans pendant lequel tu n’arrives pas à calculer ton ovulation. Thank god !

But, parce qu’il y a toujours un BUT ! Mon mari de l’époque m’en faisait voir de toutes les couleurs : matraquage psy, violence verbale et mentale à te coincer dans un coin pour le forcer à l’embrasser après une dispute… comme beaucoup d’autres, donc pas le droit de l’ouvrir parce que « tu te rends compte, il t’aime malgré ton poids » !!!! bah oui je pesais 145 kg !! Et enceinte « attention, ne prends pas de poids hein, c’est trop dangereux » !! Ah bah je risque pas, je dégueule mes tripes et mes boyaux ! Comme beaucoup d’autres !!! « Mais comment tu fais pour supporter ton poids et celui du bébé, moi je ne peux plus !! » sans parler des regards haineux parce que tu connais enfin le bonheur de porter la vie en toi quand d’autres femmes n’y arrivent pas, bien qu’elles pèsent 55kg !!

Et tu ne peux toujours pas vraiment en parler alors que ça commence à faire….

Et le fait tu dois être alitée parce que tu as un placenta praevia et que tu risques de perdre ton enfant, pendant que ton mari te puise l’énergie que tu as en te disant « vite vite faut changer d’appart, on est dans un appart insalubre » : bah oui je le sais mais je suis à l’hosto, je ne peux rien faire !!!! « Mais dépêches toi de chercher » : mais comment banane, on est en 2007, internet s’est pas encore démocratisé !!! bref j’ai accouché à 7 mois et demi en serrant les fesses et en restant à la clinique, car ils avaient bien compris que quand je rentrais chez moi, je revenais aussi sec le lendemain en perdant plein de sang et qu’il n’y avait qu’à la clinique que je ne risquais rien !

Non, j’ai toujours le droit de fermer ma gueule !!

Je te passe le chapitre de la décision de divorcer et du divorce ! Saches juste que si j’avais pu avoir le cran de Jacqueline Sauvage, je l’aurais fait (aucune comparaison dans la violence qu’elle a subi pour elle, mais ca l’équivaut pour moi, car ça reste de la violence). Toujours pas le droit de me plaindre, car ma fille a presque 10 ans, que ca fait 6 ans qu’elle entend son père pleurer quelque chose qu’il a perdu par sa faute, qu’elle entend que c’est de ma faute si le « nous 3 » n’existe plus, que je me bats pour le faire reconnaître inapte dans l’éducation de sa fille, qu’aucune autorité publique m’aide dans mes démarches malgré mes demandes !! Et malgré mes demandes, je reste celle à abattre, la folle de service, la même qui s’est battue pour faire reconnaître pendant 4 ans que sa fille avait quelque chose qui n’allait pas !!!! Celle qui s’est encore pris dans la tronche « tu n’es rien ! Ma fille n’a rien, elle est normale, je suis son père, je suis tout ! »

Non, je n’ai toujours pas le droit de me plaindre, parce qu’en février 2012, j’ai rencontré le père de ma 2ème fille en commençant par une histoire de cul (après quelques autres), que je ne voulais pas encore souffrir, que je lui ai dit que je ne pouvais pas tomber enceinte naturellement (confirmation par d’autres médecins après la naissance d’Emilie, et encore après), que je ne supportais pas les capotes (bon dieu que ca me gratte) et que si je tombais enceinte, j’avorterai car ça n’était pas dans mon plan de carrière… ben je n’ai pas le droit de me plaindre et d’assumer d’être tombée enceinte 1 mois et demi après, l’avoir su 1 mois après la date fatidique, lui avoir dit… qu’il a refusé, qui m’en a voulu des mois et des mois, que j’ai passé une grossesse quasi seule à subir les conneries de mon ex mari (vas y bloques moi un compte qu’il nous restait en commun, auquel tu n’as jamais touché, mais comme t’as appris que j’étais enceinte, ça ne t’as pas plu), à pleurer quasiment toutes les larmes de mon corps en voyant mon ventre s’arrondir et qu’il ne voulait pas assumer son enfant, qu’il voulait partir, mais qu’il ne savait pas quoi faire, qu’il ne voulait pas d’une histoire sérieuse mais qu’il devait quand même assumer. Que je n’ai pas vécu une grossesse sans stress, que je n’ai pas regretté de ne pas avoir avorté quand même. Parce que toi, tu peux me comprendre certainement que quand on dit à une femme qu’elle ne peut plus tomber enceinte et qu’elle tombe enceinte (mon cycle s’était remis un peu en marche après avoir perdu un peu de poids) naturellement, qu’elle se sent bien, qu’elle se sent heureuse, complète bien que paumée sans boulot, divorcée à 30 ans, maman de 2 enfants de papas différents……. Non je n’ai pas le droit de me plaindre d’avoir traversé ces moments difficiles pendant la grossesse, car ceux après sont encore pire….

Que Loane est née normalement par césarienne, comme Emilie, mais que tout s’est mieux passé, qu’elle n’a pas fait ses nuits avant ses 2 ans, qu’il faut être au taquet, que son père t’as qu’une envie qu’il devienne officiellement ton homme, parce que oui on a toujours entretenu une relation même de cul, que c’est qu’avec lui, malgré tout ça, va comprendre charles, que tu te sens le mieux… non pas le droit le dire….

Je me suis accrochée à la vie, malgré la prise d’autres médicaments… mon corps n’a pas réagit alors je me suis dis que j’avais une affaire à faire sur terre ! Mais laquelle ????

Je m’accroche et j’y crois qu’un jour mon ex mari me foutra la paix !!! Quand il sera mort (poille poille ne pas jeter la mort sur quelqu’un)

Je m’accroche a Emilie qui a un TED non spécifié (si tu ne sais pas, c’est un terme bâtard, anciennement appelé trouble du spectre autistique) bref, ma fille n’est pas simple à vivre et je dois composer avec tous ses traits de personnalité,… j’avoue qu’une fois, parce que ça doit sortir, que l’ai cloué au mur tellement je n’en pouvais plus de la subir (c’était avant de savoir le diagnostic), que je n’ai pas le droit de lui imaginer un avenir autre que dans un ESAT alors qu’elle veut soigner des animaux (pas le droit de lui briser ses rêves non plus, ce n’est pas mon rôle, je dois l’accompagner), que je dois imaginer l’avoir jusqu’à ses … ben je ne sais pas si elle sera autonome un jour.. non pas le droit de me plaindre pour tous ses parents qui ont perdu leur enfant si tôt, si malade qu’ils auraient bien aimé encore l’avoir même autiste ! Parce qu’elle est vivante, elle !!

Et la petite sœur qui a un caractère fort indépendant à 4 ans, celle qui avance, qui suit son bonhomme de chemin mais à qui j’ai dit après une énième poignée de gâteaux apéros « tu veux ressembler une baleine, t’as vu comment t’es grosse ? » non pas le droit de lui dire, je m’en suis voulue, mais comment faire quand tu viens de te faire opérer d’une sleeve pour perdre du poids (soigner ma santé) et leur faire comprendre que si elles ne m’écoutent pas, elles seront comme moi plus tard….

Non pas le droit de me plaindre, parce que dans la vie c’est « marche ou crève »…

Alors après avoir essayé de crever ; d’avoir compris que je ne devais pas crever, car moi aussi j’avais ma pierre à mettre dans la construction du château ; que même si je suis bizarre, hors norme, illogique disent certains ; je suis moi ! Une femme entière avec un grand cœur qui ne sait toujours pas s’exprimer correctement en public sans bafouiller, une femme qui se remet en question, qui va passer encore un diplôme pour essayer de trouver une situation professionnelle, sans qu’elle soit précaire, qui a du mal à croire en elle, parce que très peu y ont cru !!

Non pas le droit, je suis vivante, je suis pacsée avec le père de Loane, on va faire construire une maison, j’assume, j’ai juste envie de crier et de prendre la voiture (j’adore conduire et vite)…

Merci à toi

 

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